Ce mardi a lieu une nouvelle journée d'action des fonctionnaires et cheminots, qui veulent protester contre les atteintes portées par le gouvernement à la fonction publique, notamment les suppressions de postes. Ce qui laisse augurer d'un mois de juin tendu sur le plan social, puisque les syndicats (CGT, CFDT, FSU, Solidaires) ont déjà posé un préavis de grève pour mardi prochain, pour protester, cette fois, contre le projet du gouvernement de laisser le temps de travail être négocié dans chaque entreprise.
Les signes ne trompent pas : la France est en train de devenir une vraie cocotte-minute. Chaque semaine, des mouvements sociaux s'organisent, se déploient, se répondent. C'est la manifestation d'un ras-le-bol généralisé. Mais le pire est que l'UMP et le gouvernement ne semblent pas s'en soucier : ils continuent aveuglément à tenir cette ligne dure, refusant d'écouter les Français et les organisations syndicales, au nom de quelques principes répétés par leurs porte-parole : "il faut que les Français fassent des efforts", "il faut mettre l'Etat à la diète", "les manifestations et les mouvements des grèves ne sont que la preuve du conservatisme de ceux qui les organisent".
L'UMP est ainsi devenu le porte-parole de la pensée unique néo-libérale, pour qui l'Etat est toujours trop gros, et qui mesure le succès de ses "réformes" aux oppositions qu'elles suscitent. La politique suivie est limpide : d'abord on baisse les revenus de l'Etat, par exemple en instaurant un "paquet fiscal" qui fait payer moins d'impôts aux Français les plus fortunés ; dans un deuxième temps on constate que l'Etat est déficitaire ; dans un troisième temps, on déclare qu'il faut par conséquent le mettre "au régime", donc supprimer des postes de fonctionnaires. Ce qu'ils ne disent pas, c'est que tout le monde en subit les effets, puisque les services publics profitent à tous, et d'abord aux plus modestes d'entre nous !
En réduisant les capacités d'action de l'Etat, le gouvernement réduit encore le pouvoir d'achat des Français. Pour prendre un exemple très simple : moins de profs, ça veut dire des classes plus grosses, où les enseignants n'ont plus le temps de s'occuper de chaque élève ; et au bout du compte, les parents se sacrifient pour payer des cours particuliers à leurs enfants. Voilà la réalité de cette politique profondément injuste que mènent Monsieur Fillon et Monsieur Sarkozy.
Et vous, que pensez-vous de la multiplication de ces mouvements de grève ? Comptez-vous y prendre part ?