Il y a plusieurs points de crispation :
D'abord, il y a l'idée de donner plus d'autonomie aux universités. L'idée n'est pas mauvaise en soi, mais le problème c'est que ça se fera sur la base du volontariat, sans logique d'ensemble et donc en ordre dispersé. Au final, on risque de se retrouver avec un système à plusieurs vitesses, des universités qui marcheront bien et d'autres qui stagneront. Moi je pense aux jeunes qui sont nés quelque part et qui n'ont pas les moyens d'aller vivre à l'autre bout de la France pour suivre leurs études, et ça me gêne de me dire qu'ils seront peut-être contraints de suivre des études dans une université de seconde zone. Parce qu'il y en aura, de fait. C'est contraire à ma conception de l'égalité de chance. Et vous ?
Ensuite, il y a le principe d'une sélection pour entrer dans un deuxième cycle, à bac + 4, alors qu'aujourd'hui vous pouvez vous inscrire de droit si vous obtenez votre année. Moi sur ce point je suis partagé, d'un côté c'est cohérent avec le fait que maintenant on raisonne en bac +3 +5 +8 et non plus en Deug, Licence, Maîtrise, 3ème cycle ; mais d'un autre côté, je reste très attaché au principe de l'accès au savoir et à la connaissance le plus large possible, et de ce point de vue l'inscription de droit dans l'année suivante lorsque l'on réussi ses partiels est un principe auquel je suis attaché.
Et puis il y a aussi cette histoire de diminuer la représentation des étudiants dans les instances dirigeantes des universités. Alors là franchement il n'y a pas trop de questions à se poser, je ne vois pas comment on peut être pour !!! Pour être moderne, selon moi, l'université doit au contraire se reconstruire main dans la main avec les étudiants. Non ?! S'il faut réformer le rôle des représentants des étudiants c'est au contraire en leur donnant plus de place dans les choix et les orientations de leur université !


