En principe, un mineur encourt des peines moitié moins importantes qu'un majeur. Pour un même fait, quand un majeur encourt 10 ans de prison, un mineur en encourt 5. Après c'est le juge qui fixe la peine sous ces maximums.
Le texte du gouvernement prévoit en gros qu'en cas de récidive d'un mineur, les peines encourues seront les mêmes que pour un majeur.
L'idée générale c'est de donner un signal en disant « si vous récidivez, vous serez punis encore plus fort qu'avant, 2 fois plus qu'avant ! »
L'autre point c'est les peines planchers. Aujourd'hui la loi fixe des peines maximums et le juge détermine la peine qui sera effectivement prononcée sans pouvoir aller au-delà de ce maximum. Là la loi prévoit d'imposer des peines minimums en dessous desquelles les juges ne pourront pas aller.
Ca vous inspire quoi ? Moi je trouve qu'il y a confusion entre fermeté et matraquage, et ce sera contre productif. Un jeune en situation de délinquance et de récidive est le plus souvent un jeune désocialisé sur lequel les interdits et les sanctions n'ont pas d'effet dissuasif. Pour moi la vraie fermeté c'est la certitude de la réponse pénale et une prise en charge suivie. Quand un jeune est dans une telle situation, il faut le reconstruire dans des structures spécialisées où il sera possible de lui redonner des repères. Cela prend du temps, cela nécessite un vrai accompagnement. Donner des années prison n'a jamais rien résolu, bien au contraire, ça aggrave les choses dans bien des cas.
Donc pour moi tout cela ne dissuade pas et puni très mal. Pour moi, la bonne politique à destination des jeunes délinquants c'est la prévention précoce (la certitude d'une réponse adaptée dès le premier acte) et des centaines de places en centres éducatifs fermés alternatifs à la prison et dans lesquels des travailleurs sociaux vont pouvoir assurer un suivi intelligent des jeunes pour les reconstruire.